Comprendre la pronation de sa foulée

La foulée en pronation représente un paramètre mécanique central dans votre progression de coureur. Vous cherchez à gagner de la vitesse, à allonger vos sorties longues, tout en réduisant le risque de blessure. Sans compréhension précise de votre manière d’attaquer et de dérouler le pied, vous limitez vos marges de progrès et vous exposez vos articulations. Nous allons ici décortiquer la pronation, ses variantes, ses effets sur votre entraînement et vos chaussures, afin que vous disposiez d’une base solide pour structurer votre pratique et vos choix de matériel.

Sommaire

Pronation de la foulée : de quoi parle-t-on exactement ?

Une foulée en pronation décrit le mouvement de rotation interne du pied lors de l’impact au sol. Au moment où le pied se pose, le talon touche le sol, puis le pied s’affaisse plus ou moins vers l’intérieur pendant la phase d’appui. Ce mouvement joue un rôle d’amortisseur naturel. Sans lui, chaque impact se transmettrait davantage vers la cheville, le genou, la hanche et la colonne.

La pronation n’est donc pas un défaut en soi. Elle devient problématique quand son amplitude, sa vitesse ou sa durée dépassent la capacité d’adaptation de vos tissus. On parle alors de surpronation. À l’inverse, un mouvement trop limité conduit à une pronation insuffisante, souvent assimilée à la supination, avec un appui plus marqué sur le bord externe du pied.

Les trois grands profils de foulée

Pour structurer votre analyse, vous pouvez considérer trois profils principaux :

  • Foulée neutre : le pied s’oriente légèrement vers l’intérieur, l’axe talon/genou reste aligné. Le mouvement joue son rôle d’amortisseur sans excès.
  • Foulée pronatrice modérée : le pied roule davantage vers l’intérieur. L’axe talon/genou se décale, le genou pointe légèrement vers l’intérieur au cours de la phase d’appui.
  • Foulée en pronation marquée (surpronation) : l’effondrement vers l’intérieur devient très visible. Le genou s’effondre vers l’intérieur, le pied s’écrase, la voûte plantaire s’affaisse.

Entre ces profils, une multitude de nuances existe. Votre foulée peut être neutre à allure lente et devenir pronatrice à allure rapide, ou l’inverse. La fatigue, le terrain et le type de chaussure modifient aussi ce schéma. Une approche analytique et structurée nécessite donc d’observer votre foulée dans plusieurs contextes.

Pourquoi la pronation intéresse autant les coureurs

Si vous préparez un semi-marathon ou un marathon avec un volume d’entraînement en hausse, vous multipliez les cycles d’impact. Une légère surpronation tolérée sur 20 kilomètres par semaine peut devenir problématique au-delà de 50 kilomètres. Les phénomènes de tendinopathies, de périostites, de douleurs au genou ou au fascia lata se déclenchent fréquemment lorsque la mécanique du pied et de la jambe n’est plus compensée par vos structures musculaires.

Comprendre votre type de foulée ne suffit pas. Votre objectif consiste à relier cette information à votre historique de blessures, à votre plan d’entraînement, à votre poids, à votre vitesse cible et à vos chaussures actuelles. En croisant ces données, vous construisez un système cohérent plutôt qu’une simple réaction à une vidéo au ralenti.

Comment identifier votre type de foulée en pronation sans vous tromper ?

Vous disposez de plusieurs méthodes pour analyser votre foulée. Chacune possède ses limites. Un diagnostic sérieux combine au moins deux approches. L’erreur la plus fréquente consiste à se fier uniquement à un test rapide en magasin ou à l’usure de ses semelles.

Observation visuelle simple

Une première étape consiste à vous filmer sur tapis de course. Placez votre téléphone derrière vous, à hauteur des hanches, en mode ralenti si possible. Courez quelques minutes à votre allure d’endurance, puis à votre allure 10 km. Cherchez les éléments suivants :

  • Trajectoire du talon à la pose du pied.
  • Direction du genou en phase d’appui : reste-t-il aligné avec le milieu du pied ou part-il franchement vers l’intérieur.
  • Affaissement visible de la voûte plantaire.

Si le genou part nettement vers l’intérieur et que l’intérieur de votre pied semble s’écraser, il est probable que vous présentiez une foulée pronatrice modérée ou marquée. En cas de doute, filmez-vous sur terrain extérieur, car votre schéma moteur peut changer entre tapis et bitume.

Lecture de l’usure de vos chaussures

L’observation de vos chaussures actuelles complète cette analyse. Placez-les sur une table, vue de l’arrière, talons dirigés vers vous. Analysez :

  • Zone d’usure au talon : externe, centrale ou interne.
  • Affaissement éventuel du contrefort interne.
  • Différence d’usure entre pied droit et pied gauche.

Une usure prononcée sur la zone interne de l’avant-pied et un talon qui s’affaisse vers l’intérieur orientent vers une foulée en pronation. Un déséquilibre nette entre pied droit et gauche doit amener à plus de prudence, car il peut signaler une asymétrie plus globale (hanche, bassin, jambe plus courte).

Analyse en magasin et bilan chez le professionnel de santé

Les boutiques spécialisées proposent souvent une analyse de foulée en courant quelques minutes sur tapis. Cet outil permet une première orientation, à condition que le vendeur dispose d’une réelle expérience biomécanique et qu’il ne cherche pas à imposer systématiquement des chaussures très contrôlées. Gardez en tête que quatre minutes à allure tranquille n’ont rien à voir avec 1 h 40 à allure semi-marathon.

Lorsque vous présentez un historique de blessures, un bilan biomécanique chez un podologue du sport ou un kinésithérapeute orienté course à pied devient judicieux. Vous obtenez :

  • Une analyse globale de votre posture.
  • Un regard sur la mobilité de cheville, hanche et colonne.
  • Une évaluation du contrôle neuromusculaire (gainage, stabilité de hanche).

Ce type de bilan fournit un niveau de précision supérieur à un simple test en magasin. Il reste toutefois un instantané. Votre foulée en pronation peut varier en fonction de la fatigue, de la charge de la semaine ou du terrain. L’outil le plus efficace pour optimiser votre trajectoire reste l’observation régulière combinée à un suivi de vos sensations et de vos douleurs.

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Impact de la pronation sur l’entraînement et la progression

Une fois votre profil de foulée identifié, l’enjeu consiste à ajuster votre entraînement plutôt qu’à chercher un correctif miracle par la seule chaussure. Votre corps s’adapte fortement à la charge mécanique. En ciblant méthodiquement les séances, le volume et le renforcement, vous réduisez les contraintes liées à la foulée pronatrice.

Pronation et risque de blessure

Une pronation marquée augmente les contraintes sur certaines structures :

  • Face interne du genou : tension accrue sur les ligaments et le cartilage interne.
  • Tendon d’Achille : torsion supplémentaire lors de l’effondrement du pied.
  • Fascia plantaire : étirement excessif de la voûte plantaire.
  • Bandelette ilio-tibiale : désalignement du fémur et du tibia.

Ce risque augmente avec la cadence trop basse, le surpoids, le manque de renforcement et les variations brutales de volume. Une foulée neutre ne protège pas automatiquement. Un coureur peu préparé, même avec une foulée idéale sur le papier, se blesse facilement dès qu’il modifie son programme sans progressivité.

Adapter le volume et l’intensité

Pour un coureur présentant une foulée en pronation modérée, les ajustements suivants méritent une place dans la planification :

  • Augmentation progressive du volume hebdomadaire, par paliers de 10 à 15 % maximum.
  • Répartition équilibrée des intensités : une majorité de sorties en endurance fondamentale, quelques séances de VMA courte ou longue, un travail au seuil limité.
  • Surveillance spécifique des zones douloureuses après les séances rapides ou les sorties longues.

Pour un profil en surpronation, le tapering avant les compétitions revêt une importance particulière. Réduire la charge en conservant un peu d’intensité permet à vos tissus de récupérer suffisamment sans perdre la qualité neuromusculaire. Ce réglage diminue les phénomènes inflammatoires, souvent exacerbés lorsque la combinaison fatigue + pronation se prolonge.

Cadence de foulée et pronation

L’augmentation contrôlée de votre cadence de foulée influence directement la pronation. Passer de 160 à 170 pas par minute réduit la durée de contact au sol et limite l’effondrement vers l’intérieur. Vous ne cherchez pas à atteindre une valeur théorique, mais à trouver un intervalle confortable, généralement entre 165 et 180 pas par minute en fonction de votre vitesse et de votre morphologie.

Pour ajuster cette variable, vous pouvez :

  • Utiliser le métronome de votre montre GPS.
  • Choisir des playlists adaptées.
  • Intégrer des blocs courts de 1 à 2 minutes de travail technique en fin d’échauffement, avec une attention portée à la cadence et au contact au sol léger.

Cet ajustement demande plusieurs semaines. Il intervient en complément d’un travail de renforcement, non en substitution. Une foulée pronatrice excessive ne disparaît pas uniquement grâce à la cadence. Vos muscles doivent impérativement intégrer ce nouveau schéma.

Structurer l’année autour de la contrainte pronatrice

Pour un coureur visant un record sur semi-marathon, la logique suivante reste cohérente :

  • Période de développement général : accent sur le renforcement, l’endurance fondamentale, la technique.
  • Période de développement de la VMA et du seuil : intégration progressive des séances rapides, en gardant une vigilance sur les sensations articulaires.
  • Période spécifique : séances ciblées à allure semi-marathon, travail d’économie de course, ajustement des chaussures.
  • Période de tapering : réduction du volume, maintien de rappels d’allure et de renforcement léger.

Cette structuration aide à répartir intelligemment la contrainte produite par votre foulée en pronation. Vous ne cherchez pas l’absence totale de contraintes, mais une exposition graduelle compatible avec votre agenda professionnel et familial.

Choix des chaussures : pronateur, neutre, supinateur, que faire ?

La question des chaussures revient systématiquement dès que la pronation entre en jeu. Le marché propose des modèles dits « pronateurs », avec renfort interne ou structure stabilisatrice. Pour un coureur pressé, la tentation consiste à confier la résolution du problème à la technologie de la chaussure. Cette stratégie mène trop souvent à des désillusions.

Chaussures stables vs chaussures neutres

Les modèles destinés aux coureurs pronateurs intègrent généralement :

  • Un renfort plus dense sur la partie interne de la semelle.
  • Un contrefort rigide au niveau du talon.
  • Une plateforme plus large pour limiter l’affaissement.

Les chaussures dites neutres présentent une répartition plus homogène de la mousse. Elles laissent le pied se comporter de manière plus naturelle. Le choix entre ces deux catégories dépend de plusieurs paramètres :

  • Niveau de foulée en pronation (modérée ou marquée).
  • Poids du coureur.
  • Historique de blessures.
  • Type de séances ciblées (endurance, VMA, fractionné long).

Un coureur pronateur sans douleur, avec une bonne musculature et une cadence correcte, peut souvent utiliser des chaussures neutres pour la plupart de ses séances, tout en réservant un modèle plus stable pour les sorties longues à fort volume. À l’inverse, un coureur sujet aux tendinites ou aux douleurs internes du genou gagnera à tester un modèle à support plus marqué, au moins pendant les phases de charge élevée.

Drop, rigidité et amorti

Le drop (différence de hauteur entre talon et avant-pied) influence indirectement la pronation. Un drop plus élevé tend à favoriser l’attaque talon, avec un temps de contact plus important. Un drop plus faible encourage une attaque médio-pied, ce qui peut réduire l’amplitude de pronation mais augmente les contraintes sur le mollet et le tendon d’Achille.

La rigidité de la semelle joue aussi un rôle. Une semelle très souple laisse le pied s’affaisser plus librement, ce qui peut aggraver une foulée pronatrice déjà marquée. À l’opposé, une semelle vraiment rigide limite l’adaptation aux micro-irégularités du terrain et transfère davantage de contraintes vers le genou et la hanche.

Quant à l’amorti, une mousse très souple crée un effet trampoline agréable sur 10 kilomètres mais accentue souvent la durée d’affaissement du pied. Un amorti trop ferme réduit le confort et peut augmenter les chocs en montée ou sur bitume dur. Vous recherchez un compromis adapté à votre poids, votre rythme et votre historique.

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Relation entre chaussures et semelles orthopédiques

Si un podologue du sport vous a prescrit des semelles, le choix du modèle de chaussure se réfléchit encore davantage. Une chaussure très contrôlée combinée à une semelle corrective peut surcorriger votre foulée en pronation, créant des tensions sur la face externe du genou ou de la cheville. Une discussion précise avec le professionnel qui vous suit reste indispensable afin de choisir le duo chaussure/semelle le plus cohérent.

Dans la majorité des cas, une semelle correctement réalisée s’associe mieux à une chaussure neutre, avec une plateforme suffisamment stable pour accueillir la semelle mais sans renforts internes trop agressifs.

Témoignages de coureurs

« Je pensais que mes douleurs au genou venaient uniquement de ma foulée pronatrice. Au final, en travaillant mon renforcement et en ajustant ma cadence, j’ai pu passer d’une chaussure très contrôlée à un modèle plus neutre, sans douleur et avec de meilleures sensations sur mes séances de VMA. » – Claire, 36 ans, coureuse de semi-marathon.

« J’avais tout misé sur les chaussures pronatrices. Le vrai déclic arrive quand j’ai revu mon volume hebdomadaire et mon plan d’entraînement. En limitant les hausses brutales et en intégrant des exercices de stabilité, mes périostites ont disparu. » – Julien, 42 ans, marathonien amateur.

Renforcement, technique et prévention des blessures liées à la pronation

Une foulée en pronation ne se corrige pas uniquement par un changement de chaussures. Votre stratégie long terme doit impérativement intégrer un renforcement ciblé et un travail de technique de course. Vous créez ainsi une structure musculaire capable de stabiliser cheville, genou et hanche pendant les impacts répétés.

Muscles clés pour stabiliser la pronation

Trois zones méritent une attention prioritaire :

  • Pied et cheville : muscles intrinsèques du pied, tibial postérieur, fibulaires.
  • Mollet et chaîne postérieure : soléaire, gastrocnémien, ischio-jambiers.
  • Hanche et tronc : moyen fessier, fessier profond, muscles du gainage.

Un moyen fessier faible laisse le genou partir vers l’intérieur, ce qui accentue la pronation. Un tibial postérieur insuffisamment résistant laisse la voûte plantaire s’affaisser. Un gainage approximatif détériore l’alignement global. Votre programme de renforcement hebdomadaire ne peut négliger ces chaînes musculaires.

Routine de renforcement type pour coureur pronateur

Vous pouvez intégrer, deux à trois fois par semaine, une séance courte de 20 à 30 minutes, avec :

  • Montées sur pointe unipodales (3 x 12 répétitions par pied).
  • Squat sur une jambe, contrôle du genou (3 x 8 à 10 répétitions par jambe).
  • Fentes latérales, accent sur l’alignement genou/pied (3 x 10 répétitions).
  • Exercices de proprioception sur coussin instable ou bosu (2 x 45 secondes par pied).
  • Gainage latéral avec élévation de jambe (3 x 30 à 45 secondes).

Cette routine se place idéalement après une séance de course légère ou en journée séparée. En période de forte charge d’entraînement, vous ajustez le volume pour préserver la récupération. En phase de préparation générale, vous pouvez au contraire renforcer l’intensité de cette routine pour construire une base solide.

Travail de technique de course

Le travail technique cible l’économie de course et la gestion de l’impact. Quelques blocs courts suffisent, placés en fin d’échauffement ou en début de séance :

  • Montées de genoux, talons-fesses, éducatifs de pied.
  • Lignes droites à allure progressive, centrées sur la légèreté du contact au sol.
  • Travail de foulées bondissantes, avec contrôle de l’alignement genou/pied.

L’objectif ne consiste pas à transformer totalement votre style, mais à supprimer certains excès. Une légère flexion du genou à l’impact, une attaque médio-pied moins brutale et une cadence un peu plus élevée réduisent les conséquences négatives d’une foulée pronatrice marquée.

Gestion de la récupération

Votre capacité à encaisser la contrainte mécanique dépend de la récupération. Un coureur pronateur qui néglige le sommeil, la nutrition, l’hydratation et les techniques de récupération active (étirements légers, automassages, balnéothérapie) verra rapidement réapparaître des douleurs. Une routine simple, répétée chaque semaine, suffit souvent : rouleau de massage sur mollets et fascia lata, mobilisation douce de cheville, étirements courts en fin de séance.

« Tant que je ne faisais que courir, mes douleurs de fascia plantaire revenaient toutes les six semaines. Dès que j’ai intégré deux blocs de renforcement ciblé et un travail de pied nu sur pelouse, ma tolérance à la charge a changé. Je cours plus qu’avant, mais mon corps encaisse mieux. » – Marc, 39 ans, triathlète.

Tableau de synthèse : types de pronation, risques et actions concrètes

Type de foulée Signes observables Risques fréquents Chaussures conseillées Axes de travail prioritaires
Neutre Genou aligné, usure homogène, voûte stable Blessures surtout liées au volume ou à l’intensité Modèles neutres, amorti adapté au poids Structuration de l’entraînement, renforcement global
Foulée en pronation modérée Genou légèrement vers l’intérieur, usure interne modérée Douleurs internes du genou, tendinite d’Achille, périostite Chaussures neutres stables, éventuellement modèle à léger support Renforcement pied/cheville/hanche, travail de cadence, surveillance de la charge
Surpronation marquée Affaissement visible, genou très interne, voûte très basse Fasciite plantaire, douleurs chroniques, blessures récurrentes Modèles à support pronateur, bilan podologique à envisager Programme de renforcement structuré, correction progressive, suivi pro de santé
Pronation asymétrique Différence nette entre pied droit et gauche Douleurs unilatérales, déséquilibre bassin/hanche Chaussures adaptées pied par pied, souvent neutres + semelles Bilan biomécanique complet, travail de stabilité et de symétrie

Plan d’action en 4 semaines pour mieux gérer votre pronation

Pour un coureur actif cherchant des solutions concrètes, un plan court permet de structurer la démarche. L’objectif n’est pas de transformer immédiatement votre foulée en pronation, mais de lancer une dynamique durable et compatible avec votre agenda chargé.

Semaine 1 : observation et audit personnel

  • Filmez-vous de dos et de profil sur tapis et en extérieur.
  • Analysez l’usure de vos chaussures actuelles.
  • Notez vos zones sensibles après chaque sortie (cheville, genou, hanche, dos).
  • Intégrez une première séance de renforcement léger (15 à 20 minutes).

À ce stade, vous collectez simplement des données. Vous prenez aussi conscience de la façon dont votre corps réagit aux différentes allures et aux différentes surfaces.

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Semaine 2 : ajustements légers de l’entraînement

  • Stabilisez votre volume hebdomadaire, évitez toute hausse brutale.
  • Insérez deux blocs de 5 minutes de travail de cadence (légère augmentation, 3 à 5 pas de plus par minute) pendant vos footings.
  • Renforcez la routine de renforcement : deux séances de 20 minutes centrées sur le pied, la cheville et la hanche.
  • Si nécessaire, testez en magasin un second modèle de chaussure plus stable ou plus neutre, selon votre profil.

Semaine 3 : consolidation et choix de matériel

  • Affinez votre choix de chaussures en alternant durant vos sorties, en notant systématiquement vos sensations après chaque séance.
  • Ajoutez des éducatifs techniques courts en fin d’échauffement (10 à 15 minutes).
  • Augmentez légèrement le temps sous tension sur les exercices de renforcement unipodal.
  • Commencez une routine d’automassages ciblés, 10 minutes après les séances clés.

L’objectif reste d’identifier la combinaison chaussure + routine de renforcement + réglage de cadence qui réduit vos inconforts et améliore vos sensations de stabilité.

Semaine 4 : stabilisation et préparation de la suite

  • Revenez sur vos vidéos de la semaine 1 et refilmez-vous dans les mêmes conditions.
  • Comparez votre alignement genou/pied et votre posture globale.
  • Évaluez votre fatigue sur l’échelle RPE (perception de l’effort) pour chaque séance.
  • Programmez les quatre semaines suivantes en intégrant durablement deux séances de renforcement et un travail de cadence régulier.

À la fin de ce cycle, vous disposez d’un point de départ structuré. Vous avez clarifié votre profil de foulée en pronation, testé différents réglages et identifié les leviers qui génèrent le plus de bénéfices pour vous, en termes de confort et de progression.

Vos questions fréquentes sur la pronation de la foulée

Une foulée en pronation est-elle forcément un problème ?

La pronation constitue un mécanisme normal d’amortissement. Elle devient un problème uniquement lorsqu’elle est trop marquée, mal contrôlée ou associée à une charge d’entraînement mal gérée. Beaucoup de coureurs pronateurs ne se blessent jamais, car leur musculature et leur plan de course compensent correctement. L’objectif consiste moins à supprimer la pronation qu’à l’encadrer par un renforcement, un choix de chaussures cohérent et un suivi attentif de la charge.

Comment savoir si ma foulée pronatrice explique mes blessures ?

Aucun élément isolé ne suffit. Vous devez croiser plusieurs signaux : localisation répétée des douleurs, timing d’apparition par rapport aux hausses de volume, observation vidéo de votre foulée, usure des chaussures et ressenti en changeant légèrement de modèle. Si vos douleurs se situent souvent sur la face interne du genou, la cheville ou la voûte plantaire, et qu’une surpronation nette apparaît en vidéo, il devient pertinent d’agir sur ce paramètre, avec l’aide d’un professionnel si besoin.

Dois-je changer radicalement ma technique de course si je suis pronateur ?

Un changement brutal de technique, surtout pour un coureur déjà bien installé dans sa pratique, crée souvent autant de problèmes qu’il en résout. Une évolution progressive, par petits ajustements, reste plus sûre : légère hausse de la cadence, travail de posture, amélioration du gainage. Vous laissez le temps à vos tendons et à vos muscles de s’adapter. Une transformation radicale de votre foulée n’a de sens que dans des situations très particulières, après évaluation complète par un spécialiste.

Les chaussures pour pronateurs suffisent-elles à corriger le problème ?

Les chaussures à support interne peuvent réduire certaines conséquences d’une foulée en pronation, en particulier sur des sorties longues ou chez les coureurs avec un historique de blessures internes du genou ou du pied. Elles ne traitent pas la cause profonde, souvent liée à un déficit de renforcement et à une charge de course mal calibrée. Pour un coureur structuré, ces chaussures représentent un outil complémentaire, pas une solution unique.

Quel type d’entraînement convient le mieux à un coureur pronateur ?

Un programme équilibré reste prioritaire : base importante en endurance fondamentale, progressivité dans les hausses de volume, intégration réfléchie des séances de VMA et du travail au seuil. Vous ajoutez une à deux séances de renforcement ciblé par semaine et un suivi attentif des signaux de fatigue locale (chevilles, genoux, voûte plantaire). Cette combinaison vous permet souvent de poursuivre la progression de vos chronos tout en maintenant votre foulée pronatrice dans une zone tolérable.

La perte de poids peut-elle réduire les problèmes liés à la pronation ?

Chaque kilo en moins réduit mécaniquement les contraintes à chaque impact. Pour un coureur pronateur, cette baisse de charge peut diminuer le risque de blessures chroniques. La perte de poids doit cependant rester progressive et s’appuyer sur une approche nutritionnelle équilibrée, en cohérence avec votre volume d’entraînement. Un déficit calorique trop agressif fragilise vos tendons et vos muscles, ce qui annule les bénéfices mécaniques potentiels.

Faut-il courir pieds nus ou en chaussures minimalistes pour corriger la pronation ?

La course pieds nus ou minimaliste renforce effectivement les muscles du pied et de la cheville, mais elle augmente aussi fortement les contraintes immédiates sur ces structures. Pour un coureur pronateur non préparé, une transition trop rapide vers ce type de chaussures aboutit souvent à une cascade de douleurs. Une utilisation ponctuelle, sur herbe, en fin d’échauffement ou sur des distances très courtes, peut servir d’outil de renforcement, à condition de rester très progressif et d’écouter attentivement vos sensations.

Quand dois-je consulter un professionnel de santé pour ma foulée pronatrice ?

Une consultation devient pertinente si :

  • La douleur dépasse 3 sur 10 de manière récurrente.
  • Elle augmente avec les séances et ne diminue pas suffisamment avec le repos.
  • Vous observez une asymétrie marquée entre vos deux jambes.
  • Vous avez déjà connu plusieurs blessures au même endroit.

Un podologue du sport, un kinésithérapeute spécialisé course à pied ou un médecin du sport peut alors vous aider à relier votre foulée en pronation à l’ensemble de votre chaîne musculaire, à votre matériel et à votre plan d’entraînement, pour mettre en place des ajustements précis et durables.