Le jeûne intermittent en running attire de plus en plus de coureurs qui cherchent à progresser sans sacrifier leur planning déjà chargé. Vous vous demandez si courir le matin à jeun peut accélérer votre perte de masse grasse, améliorer votre endurance et affûter vos sensations en compétition. Vous entendez tout et son contraire, entre ceux qui jurent par le footing à jeun et ceux qui annoncent une catastrophe métabolique. Nous allons ici décortiquer, avec une approche analytique et structurée, ce que la science du métabolisme et de la Nutrition sportive indique réellement, et surtout comment adapter cette pratique à votre objectif de progression sans augmenter votre risque de blessure ou de sur-fatigue.
Sommaire
- Jeûne intermittent et running : principes, formats et idées reçues
- Ce que le jeûne intermittent change dans votre métabolisme de coureur
- Avantages potentiels et limites pour un coureur de 10 km ou semi-marathon
- Comment adapter votre entraînement au jeûne intermittent running
- Organisation de la Nutrition hors fenêtre de jeûne
- Protocoles pratiques : exemples de journées type pour coureurs occupés
- Tableau pratique : erreurs fréquentes et corrections pour le coureur à jeun
- Témoignages de coureurs : ressentis sur le terrain
- Vos questions fréquentes sur le jeûne intermittent running
Jeûne intermittent et running : principes, formats et idées reçues
Le jeûne intermittent running repose sur une alternance entre des phases où vous consommez des aliments et des phases sans apport calorique. Vous alternez des périodes de jeûne plus ou moins longues avec des créneaux d’alimentation planifiée. Ce cadre influence votre carburant disponible à l’entraînement et la façon dont votre organisme gère les réserves de glycogène et de lipides.
Les formats de jeûne les plus utilisés par les coureurs
Pour un coureur qui vise un record sur 10 km ou semi-marathon, trois formats se rencontrent le plus souvent :
- 16/8 : jeûne de 16 heures, fenêtre alimentaire de 8 heures. Exemple fréquent : dernier repas vers 20h, premier apport vers 12h le lendemain. Les footings à jeun se placent alors le matin.
- 14/10 : version plus souple, jeûne de 14 heures, fenêtre de 10 heures. Elle convient mieux aux coureurs qui démarrent ou à ceux qui ont des séances intenses à placer dans la matinée.
- 5:2 : deux journées dans la semaine très basses en calories (souvent 500–600 kcal), les autres journées restant classiques. Pour un coureur en progression, cette organisation demande plus de prudence, car elle peut perturber les séances clés (VMA, tempo, sortie longue).
Dans la plupart des cas, le coureur amateur adopte un schéma où le petit-déjeuner disparaît ou se trouve repoussé. La fenêtre alimentaire concentre le déjeuner, une collation structurée et le dîner. Cette logique se combine alors avec les contraintes de travail, la vie de famille et la programmation de l’entraînement.
Idées reçues fréquentes sur course à pied et jeûne
Plusieurs croyances circulent autour du footing à jeun :
- « Courir à jeun fait fondre la masse musculaire » : la dégradation des protéines musculaires reste limitée sur des footings modérés de 30 à 60 minutes, si votre apport en protéines journalières et votre récupération sont suffisants.
- « On brûle uniquement des graisses en courant à jeun » : le métabolisme mélange toujours glucides et lipides. La part de lipides augmente, mais vous utilisez encore du glycogène, surtout si l’intensité monte.
- « Le jeûne intermittent suffit pour maigrir, peu importe ce que je mange sur la fenêtre alimentaire » : la réalité reste plus simple et plus exigeante. Le déficit énergétique global et la qualité de la Nutrition continuent de diriger votre évolution.
- « Impossible de progresser en VMA en pratiquant le jeûne » : un coureur peut travailler sa VMA pendant une fenêtre alimentaire, en plaçant un apport glucidique suffisant avant la séance. La synchronisation devient déterminante.
Une approche sérieuse du jeûne intermittent running nécessite obligatoirement de relier ces croyances à votre vécu, vos contraintes professionnelles et votre historique de blessures. Vous ne copiez pas le protocole d’un autre coureur, vous construisez une organisation cohérente avec vos objectifs.
Ce que le jeûne intermittent change dans votre métabolisme de coureur
Courir en période de jeûne modifie les sources d’énergie disponibles et la manière dont votre corps s’y adapte. Comprendre ces mécanismes permet d’éviter des erreurs classiques, comme placer une séance de VMA à jeun avec un sommeil insuffisant et une hydratation négligée.
Utilisation des graisses et glycogène musculaire
Pendant les premières heures de jeûne, votre organisme puise encore largement dans le glycogène stocké dans le foie et les muscles. Quand l’intervalle sans apport calorique s’allonge, la part de lipides utilisés augmente progressivement. Sur un footing à intensité basse à modérée (RPE 4 à 6 sur 10), votre corps tend à mobiliser davantage les graisses comme carburant.
Pour un coureur de 10 km ou de semi-marathon, cela représente un intérêt : en ciblant méthodiquement quelques séances en contexte de jeûne, vous entraînez votre organisme à économiser le glycogène, ce qui retarde la sensation de “mur” sur des efforts longs. L’outil le plus efficace pour optimiser ce point reste l’alternance entre séances en état nourri et séances légères à jeun, et non une bascule brutale vers un jeûne permanent.
Impact sur la régulation glycémique et les sensations à l’effort
Le jeûne intermittent améliore souvent la sensibilité à l’insuline chez les personnes sédentaires. Chez le coureur déjà actif, l’effet existe encore, mais se montre généralement plus modéré. Vous ressentez parfois une meilleure stabilité de la glycémie au quotidien, moins de fringales, une diminution du grignotage, à condition de structurer vos repas autour de sources de glucides complexes, de protéines suffisantes et de lipides de qualité.
Sur le plan des sensations à l’effort, le tableau se révèle plus nuancé. Sur un footing facile de 40 à 60 minutes, beaucoup de coureurs décrivent une sensation de légèreté digestive et mentale. Sur une séance de fractionné ou de tempo, la baisse de glycogène hépatique et la glycémie plus basse peuvent au contraire limiter la capacité à soutenir la bonne allure, surtout si votre ajustement au jeûne reste récent. Cela justifie de choisir avec soin quelles séances se déroulent en état de jeûne et lesquelles exigent un apport glucidique préalable.
Conséquences sur récupération et système hormonal
Le jeûne intermittent peut augmenter le stress global sur l’organisme. Ce stress n’est pas forcément négatif, mais il nécessite une gestion réfléchie. Le running représente déjà une contrainte répétée sur les systèmes musculaire, tendineux et nerveux. Si vous ajoutez une restriction alimentaire trop agressive, un sommeil écourté et une charge d’entraînement ambitieuse, la probabilité de fatigue chronique ou de blessure par surmenage augmente nettement.
Sur le plan hormonal, on observe parfois :
- une élévation du cortisol le matin, utile pour mobiliser l’énergie, mais problématique si elle se prolonge en permanence avec une sensation d’épuisement;
- une perturbation du cycle menstruel chez certaines coureuses, quand le déficit énergétique devient trop important;
- une diminution de la qualité du sommeil si la fenêtre alimentaire se termine par un dîner trop volumineux et trop tardif.
Pour utiliser le jeûne intermittent running comme levier d’adaptation, vous devez impérativement intégrer ce paramètre dans votre suivi global : niveau de fatigue, variabilité de la fréquence cardiaque (HRV), qualité du sommeil, blessures récurrentes, irritabilité, motivation à l’entraînement.
Avantages potentiels et limites pour un coureur de 10 km ou semi-marathon
Un coureur amateur entre 28 et 45 ans, avec un emploi du temps chargé, peut trouver dans le jeûne intermittent un gain d’organisation et parfois une aide pour gérer la masse grasse. Le tableau suivant résume les bénéfices possibles et les limites à surveiller.
| Aspect | Intérêts possibles | Limites ou risques |
|---|---|---|
| Gestion du poids | Réduction spontanée de l’apport calorique, baisse des grignotages, meilleure conscience des repas. | Restriction trop intense menant à une baisse de puissance, fatigue, troubles alimentaires. |
| Endurance et utilisation des graisses | Meilleure capacité à utiliser les lipides sur footing facile et sortie longue. | Séances clés ralenties si mal placées, sensation de jambes “vides”. |
| Organisation quotidienne | Simplification des repas, gain de temps le matin, routine claire. | Conflit avec la vie sociale, frustration si contraintes familiales fortes. |
| Prévention des blessures | Possible baisse de charge mécanique si vous associez le jeûne à un léger allègement du volume. | Risque accru de blessure si fatigue neuromusculaire trop élevée, récupération insuffisante. |
| Qualité de l’entraînement | Affûtage de certaines séances faciles, meilleure écoute des sensations internes (RPE). | Baisse de qualité des séances VMA ou tempo si réalisées à jeun ou sans stratégie glucidique. |
Dans quels cas le jeûne intermittent running peut vous aider
Cette approche devient pertinente si :
- vous disposez de peu de temps le matin et vous avez tendance à sauter le petit-déjeuner de manière désorganisée;
- vous souhaitez réduire modérément votre masse grasse pour améliorer votre rapport poids/puissance sur 10 km ou semi-marathon;
- vous avez déjà une base d’entraînement stable (3 séances ou plus par semaine) et vous tolérez bien les footings faciles à jeun;
- vous acceptez de suivre des indicateurs de fatigue (RPE, fréquence cardiaque, qualité de sommeil) et d’ajuster votre charge si nécessaire.
Dans quels cas il vaut mieux éviter ou reporter cette stratégie
Le jeûne intermittent running devient discutable, voire déconseillé, si :
- vous sortez d’une blessure ou d’un épisode de fatigue chronique;
- vous présentez des troubles du comportement alimentaire actifs ou passés;
- vous préparez une course très engagée (marathon, ultra, triathlon long) avec un volume déjà élevé et une vie professionnelle sous tension;
- vous avez une tendance forte à l’hypoglycémie, vertiges matinaux, maux de tête lorsque vous ne mangez pas.
Dans cette configuration, une optimisation de la Nutrition classique (répartition des glucides autour des séances, gestion des protéines, timing des apports) procure souvent un bénéfice supérieur, avec moins de contraintes mentales.
Comment adapter votre entraînement au jeûne intermittent running
Pour un coureur qui vise un record personnel, l’enjeu majeur consiste à préserver la qualité des séances clés : VMA, tempo, allure spécifique course, sortie longue structurée. Le jeûne intermittent ne doit pas dégrader ces séances, mais s’insérer autour d’elles.
Quelles séances réaliser à jeun sans risque majeur
Le cadre le plus sûr pour la majorité des coureurs inclut :
- Footings de récupération de 30 à 45 minutes à RPE 3–4, à très basse intensité, sans enjeu de chrono;
- Footings d’endurance fondamentale jusqu’à 60 minutes pour un coureur déjà habitué au jeûne et à une pratique régulière de la course;
- certaines sorties longues légères avec une stratégie hybride : départ à jeun, mais apport glucidique liquide ou solide à partir de 45–60 minutes.
La fréquence de ces séances à jeun doit rester modérée. Pour la plupart des coureurs, 2 à 3 séances par semaine suffisent largement. Au-delà, le risque de fatigue s’accumule, surtout si le reste de la vie (travail, famille) pèse déjà sur vos réserves de récupération.
Quelles séances doivent rester en état nourri
Pour maintenir un haut niveau de qualité d’entraînement, gardez en état nourri :
- les séances de VMA (10 x 400 m, 8 x 500 m, etc.) où vous cherchez à approcher ou dépasser 95–100 % de votre VMA;
- les séances de seuil ou tempo (2 x 3 km à allure semi-marathon, blocs à RPE 7–8);
- les sorties longues contenant des portions à allure cible pour un 10 km ou un semi-marathon;
- les séances de renforcement musculaire lourdes (squat, fentes, soulevé de terre) qui nécessitent une bonne disponibilité énergétique pour limiter le risque de mauvaise technique.
Ces séances concentrent l’essentiel de votre stimulus de progression en vue de votre objectif chronométrique. Les placer dans la fenêtre alimentaire, avec un apport glucidique avant et parfois pendant la séance, représente une priorité.
Suivi de la charge et ajustements nécessaires
Une démarche structurée pour intégrer le jeûne intermittent running dans votre plan hebdomadaire repose sur trois outils simples :
- Échelle RPE : notez l’intensité ressentie de 1 à 10. Si une séance d’endurance habituelle passe de 5 à 7 alors que le rythme reste le même, considérez un allègement de la charge ou une réduction du jeûne.
- Fréquence cardiaque : surveillez votre FC au repos et sur vos allures connues. Une dérive systématique à la hausse peut annoncer une fatigue latente.
- Journal de fatigue : quelques lignes chaque jour sur la qualité du sommeil, l’appétit, la motivation, les douleurs. Une dégradation sur plusieurs jours signale une surcharge.
Un plan d’action fiable prévoit toujours une marge de manœuvre. Si vous enchaînez deux nuits courtes, si votre charge de travail explose, ou si un début de rhume se manifeste, n’hésitez pas à suspendre le jeûne deux à trois jours et à revenir à une alimentation plus régulière pour soutenir vos défenses immunitaires et vos capacités de récupération.
Organisation de la Nutrition hors fenêtre de jeûne
Beaucoup de coureurs appliquent le jeûne intermittent sans revoir la qualité de leurs repas. Ils concentrent simplement les mêmes aliments sur une période plus courte. Pour tirer un bénéfice réel de cette méthode, la structuration de la Nutrition pendant la fenêtre alimentaire devient centrale.
Répartition des macronutriments pour un coureur actif
Pour un coureur qui s’entraîne 3 à 5 fois par semaine avec un objectif de progression, la cible quotidienne moyenne s’organise souvent ainsi :
- Glucides : 4 à 6 g/kg de poids de corps selon la charge d’entraînement. Plus les séances intenses et les sorties longues augmentent, plus la fourchette haute devient pertinente.
- Protéines : 1,4 à 1,8 g/kg de poids de corps pour soutenir la réparation musculaire et limiter la perte de masse maigre en période de déficit énergétique.
- Lipides : le reste, avec une attention aux sources de bonne qualité (huile d’olive, colza, noix, poissons gras, oléagineux).
Ces repères doivent se répartir sur 2 à 3 repas principaux et éventuellement une collation structurée. L’objectif reste de coïncider les apports glucidiques avec les séances clés, tout en évitant un dîner trop massif qui dégrade votre sommeil.
Timing des apports autour des séances
Pour harmoniser jeûne intermittent et progression, deux questions se posent systématiquement : que manger avant la séance et que manger après.
- Avant une séance intense en fenêtre alimentaire : privilégiez un repas ou une collation 2 à 3 heures avant l’effort, riche en glucides complexes (riz, pâtes complètes, flocons d’avoine) avec une portion de protéines et peu de graisses pour une digestion plus rapide.
- Après la séance : visez un apport combinant glucides et protéines dans les 2 heures suivant l’effort. Un ratio autour de 3 parts de glucides pour 1 part de protéines convient souvent. Cela peut prendre la forme d’un repas complet ou d’une collation (yaourt + fruits + quelques flocons, sandwich poulet + pain complet).
- Séance à jeun : l’hydratation prend le premier plan. Eau, éventuellement boisson légèrement salée si vous transpirez beaucoup. Le repas qui suit le footing doit combiner glucides et protéines pour relancer la récupération.
Une erreur fréquente consiste à faire une séance à jeun, puis à repousser trop longtemps le premier apport solide. Sur une sortie de 45 minutes, un délai de 1 heure reste encore acceptable. Sur une sortie plus longue ou plus intense, ce délai doit se réduire nettement.
Protocoles pratiques : exemples de journées type pour coureurs occupés
Pour passer de la théorie à l’action, voici trois organisations typiques que vous pouvez adapter selon votre emploi du temps. Elles visent un coureur qui travaille en journée classique et s’entraîne 3 à 5 fois par semaine.
Journée avec footing facile à jeun (format 16/8)
- 20h00 : dîner riche en glucides complexes, légumes, source de protéines, un peu de lipides.
- 7h00 : réveil, hydratation (eau, café ou thé sans sucre).
- 7h30–8h15 : footing à jeun en endurance fondamentale, RPE 4–5, 45 minutes maximum si vous débutez.
- 8h30–9h00 : hydratation, douche, départ au travail.
- 12h00–13h00 : premier repas de la journée, avec une bonne part de glucides pour restaurer le glycogène + protéines + légumes.
- 16h00–17h00 : collation structurée, surtout si une séance de renforcement est prévue en fin de journée.
- 19h30–20h00 : dîner, portion adaptée à votre faim et à la charge du lendemain.
Journée avec séance de VMA en fenêtre alimentaire (format 14/10)
- 21h00 : dernier apport calorique de la journée précédente.
- 7h00 : réveil, hydratation.
- 10h00–11h00 : premier repas, riche en glucides, pour préparer la séance de VMA de midi.
- 12h30–13h15 : séance VMA (échauffement + fractionné + retour au calme).
- 13h30–14h00 : repas post-entraînement, combinaison glucides + protéines.
- 18h00–19h00 : repas du soir, plus léger en glucides si la charge du lendemain est faible.
Journée avec sortie longue partiellement à jeun
- 20h30 : dîner riche en glucides, préparation de la sortie longue du lendemain.
- 7h30 : réveil, hydratation, café possible.
- 8h00–9h30 : sortie longue en endurance, départ à jeun, mais apport de boisson glucidique ou gel toutes les 30 minutes à partir de la 45e minute.
- 10h00 : repas complet, axé sur les glucides et les protéines, pour recharger.
- 15h00–16h00 : collation, éventuellement orientée protéines si vous manquez de cette catégorie dans vos autres repas.
- 19h30 : dîner adapté à la charge du lendemain, sans excès.
Ces schémas ne constituent pas des règles absolues. Ils servent de base que vous adaptez selon votre tolérance digestive, votre horaire de travail et vos contraintes familiales. La clé reste la cohérence entre fenêtre de jeûne, contenu des séances et besoins de récupération.
Tableau pratique : erreurs fréquentes et corrections pour le coureur à jeun
Le tableau suivant présente des situations récurrentes observées chez les coureurs qui adoptent le jeûne intermittent running, avec des solutions concrètes.
| Erreur fréquente | Conséquences possibles | Correction recommandée |
|---|---|---|
| Multiplier les séances à jeun sans phase d’adaptation | Fatigue, baisse de rythme, irritabilité, envies de sucre intenses. | Commencer par 1 séance à jeun par semaine, augmenter progressivement, surveiller RPE et fréquence cardiaque. |
| Placer la VMA ou le seuil en période de jeûne | Qualité de séance en baisse, incapacité à tenir l’allure cible, démotivation. | Réserver les séances intenses à la fenêtre alimentaire, prévoir un repas glucidique 2–3 heures avant. |
| Négliger la qualité de la Nutrition sur la fenêtre alimentaire | Grignotage, apports déséquilibrés, absence de progression malgré le jeûne. | Structurer 2 à 3 vrais repas, viser un apport suffisant en protéines et en glucides complexes, limiter les produits ultra-transformés. |
| Ignorer les signaux de fatigue (sommeil, douleurs, irritabilité) | Surentraînement, risque accru de blessure, stagnation ou régression. | Alléger la charge, réduire la durée de jeûne, intégrer une semaine plus légère toutes les 3 à 4 semaines. |
| Associer jeûne intermittent, gros déficit calorique et augmentation de volume | Perte de masse musculaire, baisse d’immunité, épuisement. | Stabiliser la charge d’entraînement avant de réduire les apports, viser une perte de poids lente (0,25–0,5 kg par semaine). |
Témoignages de coureurs : ressentis sur le terrain
Les retours d’expérience permettent souvent d’ajuster votre propre stratégie. Voici quelques témoignages de coureurs qui ont intégré le jeûne intermittent running à leur routine.
« Je cours depuis trois ans, surtout sur 10 km. En passant à deux footings à jeun par semaine, j’ai perdu 3 kilos en quatre mois, sans sensation de privation extrême. Je garde mes séances de VMA en fin de journée, après le travail, avec un vrai repas le midi. Mes chronos ont progressé progressivement, et j’ai moins de lourdeur digestive en courant le matin. » — Claire, 34 ans, ingénieure et coureuse 10 km
« J’ai testé le jeûne intermittent de manière trop brutale, avec 16 heures de jeûne tous les jours et quasiment toutes mes séances à jeun. Au bout de trois semaines, j’avais la sensation d’être vidé, mes allures au seuil chutaient. En réduisant le jeûne à quatre jours par semaine et en gardant mes séances dures avec un apport glucidique, j’ai retrouvé de meilleures sensations sans abandonner complètement le protocole. » — Julien, 39 ans, manager et coureur de semi-marathon
« En tant que coureuse, j’ai remarqué que des périodes prolongées de déficit énergétique perturbent mon cycle. J’utilise maintenant le jeûne intermittent uniquement lors des phases de préparation générale, jamais en période d’affûtage avant une course. La gestion fine de la Nutrition reste, pour moi, l’outil le plus efficace pour optimiser ma forme sans basculer dans la restriction excessive. » — Sarah, 31 ans, consultante et marathonienne
Vos questions fréquentes sur le jeûne intermittent pour le running
Le jeûne intermittent est-il adapté à tous les niveaux de coureurs ?
Non. Un coureur débutant qui n’a pas encore stabilisé sa technique, son volume et sa tolérance à la charge voit rarement un intérêt à ajouter une contrainte supplémentaire comme le jeûne. La priorité reste la régularité de l’entraînement, la prévention des blessures et la structuration d’un volume progressif. Le jeûne intermittent devient davantage pertinent lorsque vous disposez déjà de plusieurs mois de pratique, que vous maîtrisez une sortie longue hebdomadaire, et que vous cherchez à affiner certains paramètres de votre préparation.
Combien de séances à jeun par semaine peut-on réaliser sans risque excessif ?
Pour la majorité des coureurs entre 28 et 45 ans, 1 à 3 séances à jeun par semaine suffisent. L’orientation idéale consiste à démarrer par une séance, observer vos sensations pendant deux à trois semaines, puis éventuellement ajouter une seconde séance. Au-delà de trois séances hebdomadaires, l’équilibre devient plus délicat, surtout si vous travaillez à temps plein et si vous avez des responsabilités familiales. Votre suivi de la fatigue et de la récupération doit alors être particulièrement serré.
Peut-on préparer un semi-marathon tout en pratiquant le jeûne intermittent ?
Oui, à condition d’organiser rigoureusement vos séances clés. Les footings faciles du plan d’entraînement peuvent se placer à jeun, tandis que les blocs d’allure spécifique semi-marathon, les sorties longues avec segments rapides et les séances de VMA restent en état nourri. La fenêtre alimentaire s’adapte à ces contraintes. Par exemple, en préparation semi, vous pouvez réserver deux jours par semaine sans jeûne pour concentrer les séances les plus dures avec un apport glucidique optimisé. Vous maintenez une marge de sécurité pour la récupération et la progression.
Le jeûne intermittent suffit-il pour perdre du poids ?
Le jeûne intermittent facilite souvent la réduction de l’apport calorique, mais ne remplace pas une stratégie globale de Nutrition. Si vos repas sur la fenêtre alimentaire restent trop riches en calories, en alcool, en produits ultra-transformés, la perte de poids sera modeste ou inexistante. Une approche efficace combine : fenêtre de jeûne adaptée, qualité des aliments, gestion des portions, et suivi de la charge d’entraînement. Une progression lente et régulière, de l’ordre de 0,25 à 0,5 kg par semaine, limite le risque de baisse de puissance et de fatigue excessive.
Faut-il boire pendant le jeûne intermittent, surtout avec le running ?
Oui, l’hydratation ne s’interrompt pas pendant le jeûne. Vous pouvez et vous devez boire de l’eau, du thé ou du café sans sucre. Pour un coureur, maintenir une hydratation suffisante réduit les risques de maux de tête, de baisse de vigilance et de contre-performance. Pendant un footing à jeun, emporter une petite gourde peut se révéler judicieux, surtout par temps chaud. L’absence d’apport calorique ne signifie pas absence d’eau ni de minéraux en cas de transpiration abondante.
Comment savoir si le jeûne intermittent ne me convient pas ?
Plusieurs signaux d’alerte doivent vous amener à réévaluer votre démarche : fatigue persistante même après un week-end plus léger, irritabilité marquée, troubles du sommeil, chutes de performance sur les séances clés, blessures qui se multiplient, cycle menstruel perturbé chez la coureuse. Si vous observez plusieurs de ces manifestations, réduisez immédiatement la durée du jeûne et, si besoin, suspendez la pratique pour revenir à une alimentation plus régulière. Un avis auprès d’un professionnel de la santé ou d’un diététicien du sport peut alors apporter un éclairage utile.
Le jeûne intermittent a-t-il un intérêt en période d’affûtage avant une course ?
En phase de tapering, l’objectif principal reste la fraîcheur physique et mentale. La charge d’entraînement baisse, et la Nutrition se concentre sur la restauration du glycogène et la stabilisation du poids de forme. Introduire ou intensifier le jeûne pendant cette période augmente les risques de fatigue, d’irritabilité et parfois de sur-focalisation sur l’alimentation. Dans la plupart des cas, il s’avère plus judicieux de maintenir ou de réduire légèrement la durée de jeûne, plutôt que de chercher à accentuer la restriction. Vous sécurisez ainsi vos sensations de course et votre confiance le jour J.




