Les allures de VMA constituent l’outil le plus efficace pour optimiser un entraînement structuré lorsque vous disposez de peu de temps. Vous avez déjà quelques courses au compteur, vos chronos stagnent, et vous sentez que vos séances manquent de structure. Dans ce contexte, travailler à partir de vos allures de VMA permet de transformer vos séances en blocs ciblés, mesurables et reproductibles. Vous ne courez plus “au feeling”, vous pilotez chaque sortie avec une logique claire, au service de votre progression et de la prévention des blessures.
Sommaire
- VMA et allures de VMA : clarifier les notions pour structurer votre entraînement
- Comment déterminer votre VMA sur le terrain ou en laboratoire
- Traduire la VMA en allures concrètes sur votre montre GPS
- Intégrer les allures de VMA dans un programme hebdomadaire réaliste
- Adapter vos allures de VMA selon la fatigue, le terrain et la météo
- Erreurs fréquentes avec les allures de VMA et corrections pratiques
- Tableau synthèse des allures de VMA selon vos objectifs
- FAQ : vos questions fréquentes sur les allures de VMA
VMA et allures de VMA : clarifier les notions pour structurer votre entraînement
Nous allons ici décortiquer ce que recouvrent exactement la VMA et les allures de VMA, car une bonne compréhension théorique conditionne directement la qualité de votre plan d’entraînement.
Ce que signifie vraiment la VMA
La VMA (vitesse maximale aérobie) correspond à la vitesse minimale à laquelle votre consommation d’oxygène atteint son plafond. Au-delà, votre organisme ne peut plus augmenter son apport en oxygène, et vous basculez progressivement vers un fonctionnement plus anaérobie. En pratique, cette vitesse correspond à une intensité que vous pouvez maintenir entre 4 et 8 minutes selon votre profil.
Pour un coureur ou une coureuse avec 1 à 3 ans de pratique, la VMA n’est pas un record de sprint, mais une vitesse de forte intensité, maintenable sur un effort relativement court, mais contrôlé. Elle représente un repère central pour organiser un entraînement cohérent sur 10 km, semi-marathon ou préparations plus longues.
Allures de VMA : une déclinaison utilisable sur le terrain
Les allures de VMA correspondent à des vitesses situées autour d’un pourcentage de votre VMA. Par exemple, courir à 90 % de VMA, 100 % de VMA ou 105 % de VMA. Vous transformez une valeur théorique (votre VMA) en rythmes précis à suivre pendant vos séances.
Travailler ces allures produit trois effets principaux sur votre progression :
- développer votre capacité à utiliser un pourcentage élevé de votre VMA sur une durée croissante ;
- améliorer votre économie de course à haute intensité ;
- élever progressivement votre VMA elle-même, ce qui tire toutes vos allures vers le haut.
Un programme réellement structuré pour un coureur actif avec peu de créneaux doit impérativement intégrer ces différentes allures. Sans ce travail, vous restez dans une zone de confort, souvent “trop rapide pour être de l’endurance, trop lente pour développer la VMA”, qui fatigue sans construire un progrès solide.
Allures de VMA, RPE et fréquence cardiaque : comment articuler ces repères
Pour un pilotage précis, trois indicateurs entrent en jeu :
- la vitesse, issue de la VMA, exprimée en km/h ou en min/km ;
- le RPE (perception de l’effort, sur 1 à 10) ;
- la fréquence cardiaque, utile mais moins réactive sur les intervalles courts.
Un travail à 100 % d’allure de VMA se traduit en général par un RPE situé autour de 8 sur 10 : effort difficile, mais contrôlé, vous sentez que vous ne pourriez pas parler. Votre cardio met quelques répétitions à se stabiliser. Sur des fractions très courtes (30 s à 45 s), vous utilisez en priorité la vitesse et le ressenti, car la fréquence cardiaque réagit avec retard.
Combiner allures de VMA, RPE et cardio vous garantit un contrôle fin de l’intensité, point clé pour progresser sans alimenter votre peur de la blessure.
Comment déterminer votre VMA sur le terrain ou en laboratoire
Un travail cohérent sur les allures de VMA nécessite obligatoirement une estimation correcte de votre VMA actuelle. Plusieurs méthodes existent, avec un niveau de précision et de contraintes variables.
Tests de VMA les plus courants
Trois tests sont souvent utilisés par les coureurs amateurs disposant d’une montre GPS :
- Test demi-Cooper (6 minutes)
Vous courez la plus grande distance possible en 6 minutes, sur terrain plat. Vous divisez la distance par 100 pour obtenir votre VMA en km/h. Exemple : 1500 m en 6 minutes donnent 15 km/h de VMA. - Test VMA 5 minutes
Même principe, mais sur 5 minutes. La formule varie légèrement selon les entraîneurs, mais la logique reste identique : distance maximale / temps, convertie en km/h. - Test de terrain progressif en paliers
Vous augmentez la vitesse toutes les 1 à 2 minutes jusqu’à épuisement. Ce type de test demande souvent un encadrement ou un support audio précis, mais fournit une VMA assez fiable.
Pour un coureur qui manque de temps, le demi-Cooper ou le test 5 minutes représentent un bon compromis. Ils se réalisent en moins de 20 minutes échauffement compris, s’intègrent facilement dans une semaine chargée et donnent une valeur exploitable pour construire vos allures.
Tests en laboratoire et estimation par les chronos
Un test en laboratoire avec analyse des gaz mesure directement la consommation d’oxygène. Il permet de déterminer VMA, VO2max, seuils ventilatoires. Cette démarche s’adresse surtout à des coureurs très investis ou à ceux qui souhaitent un bilan santé complet couplé à la course.
Vous pouvez aussi estimer votre VMA à partir d’un record récent sur 10 km ou 5 km, à l’aide de calculatrices disponibles en ligne. Ce calcul reste approximatif, car il intègre votre endurance et pas uniquement votre capacité à produire une vitesse élevée. Il reste toutefois utile lorsque vous ne pouvez pas réaliser de test à haute intensité pour le moment.
Conditions de test et fréquence de mise à jour
Pour que le test soit exploitable, quelques règles simples se révèlent indispensables :
- réaliser le test sur un jour sans fatigue excessive ;
- effectuer un échauffement complet, avec trottinement et éducatifs ;
- choisir un terrain plat, sans vent marqué si possible ;
- limiter le nombre de tests lourds à 3 ou 4 par an pour éviter une fatigue inutile.
Votre VMA évolue à la hausse pendant les périodes d’entraînement régulier, puis se stabilise. Avec une pratique de 2 à 4 séances par semaine, un réajustement tous les 3 à 4 mois suffit pour garder des allures cohérentes.
Traduire la VMA en allures concrètes sur votre montre GPS
Une fois votre VMA estimée, vous devez la transformer en allures de VMA directement utilisables sur le terrain. Sans ce passage, la VMA reste un chiffre théorique, difficile à intégrer dans une séance structurée.
Conversion de la VMA en min/km
Les plans d’entraînement utilisent fréquemment des allures exprimées en min/km. Vous devez donc convertir la VMA pour renseigner des zones sur votre montre GPS.
Procédure simple :
- VMA en km/h : vous divisez 60 par votre VMA pour obtenir le temps au kilomètre à 100 % de VMA ;
- pour 90 % ou 95 % de VMA, vous ajustez ce temps en conséquence.
Exemple pour une VMA de 15 km/h :
- 100 % VMA : 60 / 15 = 4 min/km ;
- 95 % VMA : 4 min / 0,95 soit environ 4 min 13 s/km ;
- 90 % VMA : 4 min / 0,9 soit environ 4 min 26 s/km.
Ces rythmes constituent votre base pour toutes les séances de travail en intensité. Vous pouvez ensuite programmer des intervalles précis dans votre montre (type “400 m à 100 % VMA, 1 min de récupération”) afin de sécuriser vos séances et limiter le risque de sur-intensité.
Plages d’allures plutôt que chiffres exacts
Le terrain n’est pas une piste de laboratoire. Les variations de vent, de température, de dénivelé, influencent votre vitesse effective. Plutôt que viser exactement 4 min 13 s/km, il devient plus pertinent de travailler avec une fourchette du type 4 min 10 à 4 min 16 s/km pour 95 % VMA.
Cette approche analytique et structurée vous permet :
- de tenir compte de la marge d’erreur de votre montre GPS ;
- d’intégrer naturellement votre ressenti (RPE) ;
- d’éviter une crispation excessive sur un chiffre isolé.
Articulation entre allures de VMA et allures spécifiques course
Les allures de VMA ne suffisent pas pour préparer un semi-marathon ou un marathon. Votre plan doit intégrer aussi :
- l’allure spécifique 10 km ;
- l’allure spécifique semi-marathon ;
- des allures d’endurance fondamentale, autour de 60 à 70 % de VMA.
Vous utilisez la VMA comme point de départ pour dériver ces rythmes longs. Par exemple, avec 15 km/h de VMA, vos allures cibles se situent approximativement :
- allure 10 km : 85 à 90 % VMA ;
- allure semi : 80 à 85 % VMA ;
- endurance fondamentale : 60 à 70 % VMA.
Cette hiérarchie d’intensités permet de répartir les charges sur la semaine, avec une logique claire entre développement de la VMA, construction de l’endurance et gestion de la fatigue.
Intégrer les allures de VMA dans un programme hebdomadaire réaliste
Le lecteur type qui nous concerne cumule travail, vie personnelle et objectif de progression. Vous ne pouvez pas courir tous les jours. Votre plan d’entraînement doit donc exploiter les allures de VMA avec parcimonie, mais régularité.
Combien de séances de VMA par semaine ?
Pour un volume de 3 à 4 séances hebdomadaires, un cadre réaliste se présente ainsi :
- 1 séance orientée VMA courte ou VMA longue ;
- 1 séance d’allure spécifique (10 km ou semi selon l’objectif) ;
- 1 à 2 sorties en endurance fondamentale, éventuellement avec un peu d’allure marathon pour les plus endurants.
Avec seulement 2 sorties par semaine, le travail de VMA reste possible, mais vous devez limiter la charge : un bloc de VMA toutes les deux semaines, alterné avec du travail au seuil plus long. Cette organisation permet de progresser tout en contenant le risque de blessure.
Structure type d’une séance en allures de VMA
Une séance de VMA structurée suit une logique simple :
- échauffement : 15 à 20 minutes de footing très facile, mobilisations articulaires, 3 ou 4 lignes droites progressives ;
- bloc VMA : répétitions courtes ou longues selon l’objectif ;
- retour au calme : 10 minutes de footing lent, éventuellement quelques étirements dynamiques légers.
Deux grandes familles de séances se distinguent.
Séances de VMA courte (30 s à 1 min)
Ces séances ciblent des intensités de 100 à 105 % VMA, sur des fractions courtes. Exemples typiques :
- 2 x 10 x 30 s à 100 % VMA / 30 s de récupération trottée ;
- 2 x 8 x 45 s à 100-105 % VMA / 45 s de récupération ;
- 10 x 1 min à 100 % VMA / 1 min de récupération.
Le volume global du bloc VMA reste modéré, entre 10 et 15 minutes d’effort cumulé pour un coureur avec 1 à 3 ans de pratique. La sensation ressentie se situe sur un RPE 8 à 9, avec des dernières répétitions exigeantes mais contrôlables.
Séances de VMA longue (1 min 30 à 4 min)
Ici, les fractions se situent autour de 90 à 100 % VMA, souvent entre 400 m et 1000 m selon votre VMA et le terrain. Exemples :
- 8 x 400 m à 100 % VMA / récupération 1 min 15 ;
- 6 x 600 m à 95-100 % VMA / récupération 1 min 30 à 2 min ;
- 5 x 800 m à 95 % VMA / récupération 2 min.
Le volume de travail spécifique peut monter à 15 ou 20 minutes d’effort cumulé pour un coureur régulier. Ce type de séance développe votre capacité à tenir un haut pourcentage de VMA, utile pour toutes les courses du 5 au 21 km.
Intégrer les allures de VMA dans un cycle de plusieurs semaines
Pour un objectif semi-marathon dans 8 à 12 semaines, un canevas possible se présente :
- phase 1 (2 à 3 semaines) : accent sur VMA courte et renforcement général, afin de hausser la VMA et la puissance aérobie ;
- phase 2 (3 à 4 semaines) : plus de VMA longue et de travail au seuil pour développer la capacité à tenir une intensité soutenue ;
- phase 3 (3 à 4 semaines) : priorité aux allures spécifiques semi, maintien léger de la VMA courte, puis période de tapering.
Cette construction progressive vous évite l’erreur fréquente consistant à répéter éternellement les mêmes séances de 30/30, qui finissent par épuiser sans améliorer vos chronos sur semi-marathon.
Adapter vos allures de VMA selon la fatigue, le terrain et la météo
Vos allures de VMA ne constituent pas un dogme intouchable. Elles représentent un repère à ajuster en fonction de votre état de forme quotidien et des contraintes extérieures.
Fatigue et variables de l’entraînement
Un coureur actif jongle avec journées de travail longues, nuits parfois courtes, imprévus familiaux. Il est probable que vous arriviez parfois sur la piste avec un niveau de fraîcheur loin d’être idéal. Dans ce contexte, suivre obstinément l’allure prévue vous expose à un sur-risque de blessure et de surentraînement.
Une approche pragmatique consiste à utiliser le triptyque suivant pendant les séances de VMA :
- vitesse cible issue de la VMA ;
- RPE attendu (par exemple 8 sur 10) ;
- qualité de la foulée (amplitude, relâchement).
Si vous constatez que vous devez forcer exagérément la foulée pour “coller” au chrono du jour, ou que le RPE bascule au-dessus de 9, vous ajustez vos allures à la baisse de 2 à 3 %. Vous préservez la séance sans la transformer en séance punitive.
Influence du terrain et de la météo
Les allures de VMA calculées sur une piste plate se transfèrent imparfaitement sur chemins vallonnés ou routes venteuses. Quelques adaptations simples vous aident à garder une cohérence dans vos séances :
- fort vent de face : vous placez l’accent sur le RPE, vous acceptez un léger ralentissement par rapport à l’allure théorique ;
- fort vent dans le dos : vous surveillez votre foulée pour éviter de vous laisser emporter vers une intensité trop élevée ;
- chaleur importante : vous réduisez la vitesse cible de quelques secondes au kilomètre, en privilégiant la qualité d’exécution plutôt que le chronomètre brut ;
- terrain vallonné : vous travaillez en durée plutôt qu’en distance, par exemple 10 x 1 min à RPE 8, montée légère ou faux plat.
Le but reste de stimuler les systèmes énergétiques visés par l’allure de VMA, sans vous laisser piéger par des chiffres impossibles à tenir dans des conditions extrêmes.
Prise en compte du cycle de vie du coureur
Votre progression ne suit pas une ligne droite. Blessures passées, périodes de pause, variations de poids, influencent directement la VMA exploitable. Un coureur revenant d’entorse ou de périostite doit accepter une VMA abaissée temporairement. Les allures de VMA se recalculent alors sur une valeur prudente, quitte à les rehausser progressivement toutes les 3 à 4 semaines en fonction des sensations.
Cette vision dynamique constitue un garde-fou contre la tentation de rester figé sur une VMA issue d’un test ancien, déconnecté de votre condition actuelle.
Erreurs fréquentes avec les allures de VMA et corrections pratiques
Mal utiliser les allures de VMA peut rapidement annuler leurs bénéfices et alimenter la fatigue ou les blessures. Une approche analytique permet d’anticiper les pièges les plus courants.
Faire toutes les séances trop vite
Nombre de coureurs transforment inconsciemment chaque sortie en compétition interne contre leur montre. Tout finit par se courir à une allure proche de 80 à 85 % VMA, y compris les sorties censées être faciles. Cette habitude entraîne :
- une fatigue chronique ;
- un plateau sur les chronos malgré l’impression de “tout donner” ;
- une augmentation notable du risque de blessure (tendinite, périostite, douleurs rotuliennes).
La correction passe par une claire différenciation des intensités : sur 3 à 4 séances hebdomadaires, au moins 2 doivent se situer en endurance fondamentale, loin des allures de VMA. Le travail intense se réserve à 1 séance ciblée, parfois 2 lorsque le volume et l’expérience le permettent.
Choisir des fractions inadaptées à son niveau
Reprendre des séances trouvées en ligne sans adaptation conduit souvent à des erreurs de volume ou d’intensité. Un coureur avec peu d’années de pratique ne tire pas profit d’un bloc de 10 x 400 m à 105 % VMA si, dès la 4e répétition, l’allure n’est plus respectée et la foulée se détériore.
Pour un volume de 25 à 45 km par semaine, un cadre plus pertinent consiste à limiter :
- les séances de VMA courte : 10 à 15 minutes d’effort cumulé ;
- les séances de VMA longue : 12 à 20 minutes d’effort cumulé ;
- la fréquence de ces séances : une fois par semaine en période de développement, une fois tous les 10 jours en période de forte charge spécifique.
Cette calibration protège votre système musculo-tendineux tout en maintenant le stimulus nécessaire à la progression.
Négliger le renforcement et la technique de course
Les allures de VMA sollicitent fortement vos muscles, tendons et articulations. Si votre chaîne postérieure, votre gainage et vos chevilles manquent de stabilité, la répétition d’efforts à haute intensité risque de faire émerger des douleurs.
Un coureur qui veut tirer profit des allures de VMA doit impérativement intégrer une routine minimale de renforcement, par exemple :
- deux blocs de 15 à 20 minutes par semaine ;
- travail de gainage, fentes, squats, exercices de mollets, proprioception sur une jambe.
Quelques éducatifs de course en échauffement (montées de genoux, talons-fesses, foulées bondissantes) renforcent aussi la qualité de votre geste à haute intensité. Vous limitez ainsi la dérive technique à mesure que la fatigue augmente sur les fractions de VMA.
Ignorer le tapering avant une course
Certains coureurs gardent leurs séances de VMA lourdes jusqu’aux derniers jours avant une épreuve, par peur de “perdre le rythme”. Cette stratégie ampute souvent le potentiel le jour J, car vous arrivez sur la ligne de départ avec une fatigue résiduelle non négligeable.
Une approche plus productive consiste à maintenir des rappels d’allures de VMA très courts pendant la semaine de course, par exemple :
- le mardi pour une course le dimanche : 2 x 6 x 30 s à 100 % VMA, récupération 30 s, bien maîtrisé ;
- le jeudi : footing léger avec quelques accélérations de 15 à 20 s.
Vous conservez la sensation de vitesse sans accumuler de fatigue structurelle.
Tableau synthèse des allures de VMA selon vos objectifs
Le tableau suivant récapitule les principales zones d’allures de VMA, avec leur objectif, leur utilisation dans l’entraînement et un exemple de séance pour un coureur avec 15 km/h de VMA.
| Zone d’allure (en % de VMA) | Objectif principal | Type de séance | Volume indicatif | Exemple pour VMA = 15 km/h |
|---|---|---|---|---|
| 105 à 110 % VMA | Développement puissance aérobie et vitesse | VMA très courte (20 à 30 s) | 6 à 10 minutes d’effort cumulé | 2 x 8 x 30 s à 3 min 38-3 min 48 s/km, récup. 30 s |
| 100 % VMA | VMA “pure”, capacité à soutenir la vitesse maxi aérobie | VMA courte (30 s à 1 min) ou 300-400 m | 10 à 15 minutes d’effort cumulé | 10 x 400 m en 1 min 36, récup. 1 min 15 |
| 90 à 95 % VMA | VMA longue, développement capacité aérobie | 400 à 1000 m, ou 1 min 30 à 4 min | 12 à 20 minutes d’effort cumulé | 6 x 800 m en 3 min 25-3 min 37, récup. 2 min |
| 80 à 90 % VMA | Seuil, allure 10 km à semi-marathon | Blocs continus de 6 à 20 min | 20 à 40 minutes d’effort cumulé | 3 x 10 min à 4 min 26-4 min 52 s/km, récup. 3 min |
| 60 à 70 % VMA | Endurance fondamentale, récupération active | Footings, sorties longues faciles | Base du volume hebdomadaire | 45 à 75 min à 5 min 43-6 min 40 s/km |
Vos questions fréquentes sur les allures de VMA
À quelle fréquence faut-il réaliser des séances en allures de VMA pour progresser sans se blesser ?
Pour un coureur avec 3 ou 4 séances hebdomadaires, une séance structurée en allures de VMA par semaine suffit pour obtenir un progrès mesurable sur quelques mois. Pendant certaines phases de préparation intensive, vous pouvez ponctuellement insérer une deuxième séance contenant un peu de VMA longue, mais cette option doit rester limitée dans le temps et accompagnée d’un suivi attentif de la fatigue.
Si vous ne courez que 2 fois par semaine, un bloc de VMA tous les 10 à 15 jours représente une fréquence plus adaptée. Le jour sans VMA restera alors dédié à l’endurance fondamentale ou aux allures proches du seuil, afin de limiter la charge mécanique liée aux accélérations répétées.
Comment savoir si mon allure de VMA est trop élevée pour mon niveau actuel ?
Plusieurs signaux indiquent une VMA surestimée :
- incapacité à respecter les allures prévues sur plus de la moitié des répétitions ;
- RPE systématiquement supérieur à 9 sur 10 sur les fractions à 100 % VMA ;
- douleurs récurrentes après les séances de VMA ;
- fatigue persistante les jours suivants, avec difficulté à réaliser les footings en endurance fondamentale.
Dans ce cas, un recalage prudent s’impose : abaisser la VMA de 0,5 à 1 km/h, puis réévaluer vos sensations sur 3 à 4 séances. Si les allures deviennent tenables, avec une foulée stable et un RPE autour de 8, vous disposez d’un repère plus réaliste pour structurer votre entraînement.
Dois-je toujours respecter à la seconde près mes allures de VMA ?
Un contrôle précis des allures se révèle utile pour suivre votre progression, mais viser la seconde près ne constitue pas un objectif en soi. La variabilité du GPS, les micro-reliefs, le vent ou la densité urbaine influencent vos données. Travailler avec des plages d’allure, par exemple 4 min à 4 min 05 s/km pour une cible à 4 min, procure un cadre plus réaliste.
La priorité reste d’atteindre la bonne zone d’intensité physiologique : respiration, RPE, qualité de la foulée. Si ces paramètres se situent dans la zone attendue, une légère dérive du chrono ne compromet pas la qualité de la séance. Vous préservez ainsi un rapport plus serein avec votre montre GPS.
Comment intégrer les allures de VMA quand on prépare un marathon ?
Pour un objectif marathon, les allures de VMA gardent leur utilité, mais leur place relative diminue au profit des allures proches du marathon et du travail au seuil. Une organisation équilibrée pour un coureur intermédiaire ressemblera à :
- une séance courte type VMA toutes les 1 à 2 semaines, souvent sous forme de rappels de vitesse (30-40 s) pour entretenir la foulée ;
- une séance hebdomadaire dédiée au seuil ou à l’allure spécifique marathon ;
- une sortie longue progressive, construite majoritairement en endurance fondamentale.
La VMA sert alors surtout à maintenir votre “plafond” aérobie pour que les allures marathon vous paraissent plus confortables. L’objectif n’est plus de battre un record sur 10 km pendant ce cycle, mais de rendre votre allure cible marathon économiquement plus accessible.
Peut-on progresser sans jamais travailler ses allures de VMA ?
Un coureur débutant progresse au départ simplement en augmentant progressivement son volume en endurance fondamentale. Pour un lecteur avec 1 à 3 ans de pratique, qui vise désormais un record sur 10 km ou semi-marathon, ignorer durablement les allures de VMA limite clairement le potentiel de progression.
Le travail à VMA n’a pas à être massif ni brutal, mais en ciblant méthodiquement quelques blocs de 30 à 60 minutes hebdomadaires incluant des répétitions à 90 à 105 % VMA, vous garantissez un gain d’efficacité sensible sur vos chronos. L’important reste de combiner ces séances avec un volume suffisant en endurance fondamentale et une attention constante à la récupération.
Quelle place donner au RPE par rapport aux allures de VMA lorsque je me sens “dans un mauvais jour” ?
Dans une journée marquée par la fatigue ou le stress professionnel, le RPE devient votre garde-fou principal. Vous pouvez tout à fait décider de conserver la structure de la séance, mais de cibler un RPE légèrement inférieur à celui prévu, quitte à ralentir vos allures de VMA de quelques secondes au kilomètre.
L’inverse se produit aussi lors d’un jour de très bonnes sensations : vous respectez l’allure cible ou, au maximum, vous laissez une dérive très légère, sans transformer la séance en test. Cette discipline dans la gestion de l’intensité, articulée entre VMA, RPE et écoute de vos signaux internes, conditionne votre capacité à enchaîner les semaines productives sans basculer dans la sur-fatigue.
Les témoignages de coureurs qui structurent leurs séances avec les allures de VMA
« Quand j’ai commencé à travailler mes allures de VMA plutôt que de courir “au hasard”, j’ai enfin compris pourquoi je finissais chaque semaine épuisé sans progresser. En calant une seule séance de VMA courte et un bloc au seuil, j’ai gagné presque 4 minutes sur mon semi en un an, sans augmenter mon volume hebdo. »
Julien, 36 ans, ingénieur et coureur 10 km / semi
« Je craignais que la VMA soit réservée aux athlètes confirmés, mais avec un plan simple basé sur ma VMA récente, j’ai réussi à structurer mon entraînement malgré mes deux enfants et mon travail en horaires décalés. Le fait de savoir exactement quelle allure viser sur chaque fraction m’a permis de lever une grosse part de stress et de mieux gérer ma fatigue. »
Claire, 41 ans, infirmière et marathonienne amateure




